samedi 23 janvier 2010

Les évaluations de réunion pour apprendre en équipe

Il m'arrive souvent d'animer des réunions ou des ateliers particuliers. J'aimerais bien développer des habitudes liées aux équipes apprenantes comme par exemple la technique AAR inspirée de Fifth Discipline de Peter Senge (2006). AAR pour After Action Reviews. Très très simple... mais peut-être trop simple enfin de compte! C'est basé sur trois questions :
  • Qu'est-ce qui s'est passé?
  • Qu'est-ce qu'on attendait?
  • Qu'est-ce qu'on peut apprendre de cet écart?
Je trouve les questions pertinentes, mais tellement peu habituelles à formuler à la fin d'une réunion! J'ai voulu le faire pas plus tard qu'hier et finalement, cela a tourné en questions fermées : Êtes-vous satisfait de la rencontre? Que voulez-vous qu'on améliore pour la prochaine? Vraiment nulles!

J'ai aussi essayé une autre technique lors d'un atelier. Il provient d'un autre bouquin de Senge qui s'appelle The Fifth discipline fieldbook: strategies and tools for building a learning Il s'agit de distribuer des bouts de papier où les gens indiquent le niveau de satisfaction de 1 à 10. Je récolte le tout et au tableau, j'indique les résultats. Les deux fois, j'ai constaté que les gens étaient majoritairement satisfaits. Je n'ai donc pas fait l'animation qui pourrait s'en suivre. Mais selon cette technique, si on observe que plusieurs personnes ont indiqué un niveau de satisfaction relativement bas, on peut questionner ouvertement le groupe. Cela permet d'ouvrir un dialogue, car les personnes qui sont insatisfaits constatent qu'ils ne sont pas seuls et osent alors le manifester. L'animateur peut donc corriger le tir au besoin.

Si vous avez essayé des méthodes, dites-le moi, je vais continuer mes expérimentations dans ce domaine!

dimanche 17 janvier 2010

L'art de la formulation d'objectifs

Chaque fois que je conçois un programme, une formation ou un atelier, je me creuse toujours la tête au moment de la rédaction des objectifs pédagogiques. Plus les objectifs sont orientés en fonction de l'apprentissage de l'apprenant et plus ils ont un véritable sens.

Dans les milieux professionnels où j'ai évolué, les objectifs pédagogiques n'étaient pas souvent pris au sérieux. Souvent vu comme un mal nécessaire ou une question d'apparence plutôt que le coeur de toute la démarche d'apprentissage qui s'en suit, j'ai dû souvent convaincre mes experts de l'importance de cet exercice surtout si l'on souhaite réellement obtenir des résultats! Je me rappelle d'un professeur, de la faculté d'éducation!, qui m'avait demandé de revoir les objectifs d'un cours que j'avais rédigés, pour qu'il n'y ait pas de répétition des mêmes verbes dans la liste. J'étais scandalisée! La raison d'être, le sens même de l'objectif ne comptait plus! C'était l'esthétisme! En ce sens, Mme Bourdat a raison :

"Indéniablement, les objectifs pédagogiques ont l'intérêt de "poser le contrat" entre le formateur et les apprenants. Ils sont un point d'appui pour la "mise en projet d'apprendre", ils donnent du sens  pour autant qu'ils soient adaptés aux véritables problèmes que les apprenants ont à résoudre en situation réelle. Et c'est là que, souvent, "le bas blesse": les objectifs pédagogiques apparaissent souvent formulés de façon formelle, sans recherche suffisante de cohérence avec les objectifs opérationnels (les transferts visés en situation réelle).Bien formulé, l'objectif pédagogique donne du sens et constitue un point d'appui pour décider des méthodes et techniques pédagogiques adaptées." (2009)


Malgré tout, je trouve souvent l'exercice de formulation des objectifs assez ardu. Chercher le bon terme en fonction d'un comportement attendu peut prendre beaucoup de temps dans certains cas. Au fil des années, j'ai développé une facilité, parfois déroutante pour mes experts avec qui je travaille, à les rédiger. Cependant, dans certains cas, les objectifs sont ballotés longtemps avant d'être arrêtés. Par exemple, lorsque j'ai eu à développer un cours sur la gouvernance, j'ai eu plus de difficultés. Les experts avaient parfois des avis contradictoires ce qui ne facilitait pas le travail! Pendant la phase de production du cours, j'ai dû revenir régulièrement aux objectifs et les réviser. Des allers-retours constants qui m'ont coûté beaucoup en temps dans ce projet.

Quand je suis à sec, je reviens à mes outils de base pour m'inspirer comme par exemple la taxonomie de Bloom qui ne se démode pas.






Catégories
C’est…
Connaître
Définir, distinguer, acquérir, identifier, rappeler, reconnaître, citer, copier, décrire, désigner, inscrire, nommer, sélectionner, ...

Comprendre
Traduire, illustrer, représenter, dire avec ses mots, distinguer, réécrire, réarranger, expliquer, démontrer, déterminer, interpréter, préciser, trouver, résumer, ...

Appliquer
Appliquer, généraliser, relier, choisir, développer, utiliser, employer, transférer, classer, restructurer, adapter, établir, mettre en œuvre, réaliser, poser, représenter, utiliser, …
Analyser
Distinguer, détecter, classer, reconnaître, catégoriser, déduire, discerner, comparer, décomposer, diviser, extraire, rechercher, simplifier, séparer, identifier, …
Synthétiser
Écrire, relater, produire, constituer, transmettre, modifier, créer, proposer, planifier, projeter, spécifier, combiner, classer, formuler, assembler, construire, créer, produire, rassembler, remettre en ordre, réorganiser…
Évaluer
Juger, argumenter, valider, décider, comparer, justifier, évaluer selon les critères suivants, optimiser, vérifier, énumérer par ordre de, interpréter…



 
Mais voici une autre taxonomie de Bloom en fonction de la nouvelle réalité "digitale".





En conclusion, quand on a un objectif bien précis et bien formulé en tête, on obtient le résultat voulu comme le démontre la publicité suivante!

jeudi 14 janvier 2010

Les réseaux sociaux et l'apprentissage

Voici un texte que j'ai écrit pour un réseau social que j'ai mis en place dans le cadre d'un projet de collaboration.

Je suis tombée sur quelques articles traitant de ce sujet et j'aimerais vous les partager sommairement dans ce billet.


Le blogue de Yann Bergheaud présente le nouvel eldorado du e-learning dans les universités (billet de nov 2009). En voici un extrait que j'ai trouvé intéressant d'autant que l'un des éléments de contexte de la demande de subvention que nous avons réalisée pour la 2e phase du projet PROFORI présente cet aspect:

"Par conséquent apprendre à nos étudiants à utiliser sciemment les outils du Web 2.0 c’est également participer à leur insertion professionnelle. Nous ne prendrons pas partie sur ce que doit-être aujourd’hui l’enseignement supérieur : schématiquement dispenser du savoir ou former des professionnels. Mais il est évident que l’insertion professionnelle de nos étudiants devient une des préoccupations de nos autorités de tutelle. Et nous ne pouvons que l’approuver."

Jane Hart nous a aussi refilé sa vision 2010 du social learning (apprentissage social). Elle dit, entres autres choses, que parmi la liste des 100 outils utilisés pour l'apprentissage en 2009, la domination appartient aux outils sociaux. Le Top 10 appartiendrait à Slideshare, Wordpress, Google Docs, YouTube, Google Reader et Delicious. Twitter arrive premier sur la liste!

En passant, cette dame recense des centaines d'outils Web qui peuvent être utilisés pour l'apprentissage. Une vraie bible!

Le vidéo suivant circule depuis un certain temps dans le milieu de l'apprentissage en ligne, sous différentes formes. En anglais bien sûr, mais assez percutant!




Voici une présentation qui traite davantage de l'apprentissage provenant de Jane Hart également.

mardi 22 décembre 2009

Mon deuxième World Café


J'ai eu l'impression d'avoir reçu mon cadeau de Noël pour les fêtes!


J'avais le même nombre de personnes que lors de mon premier World Café, à peu près les mêmes questions, à peu près la même clientèle (sauf que cette dernière provenait de plusieurs organisations au lieu d'une seule et elle avait "soif"). J'ai fait les adaptations nécessaires : éviter le nombre de trois participants par table et j'ai restreint le temps de 5 minutes. Quelles différences avec mon premier World Café!

Conclusion pour l'avenir :

  • Gestion du nombre de participants
  • Gestion du temps en fonction de la clientèle et des attentes (liées aux questions)
  • Valider et tester les questions (si possible)
  • Éviter les salles immenses où finalement, même si celle-ci est extraordinaire, elle semble plus froide et moins intime.

jeudi 17 décembre 2009

World Café de fin d'année - une expérience concluante

J'ai organisé non pas un, mais deux World Café cette semaine. Cette méthode, qui favorise l'apprentissage organisationnel entre autres choses, m'a permis de connaître ce que les gens avaient en tête sur différentes questions. J'avais deux objectifs principaux :
  • Orienter les travaux en formation pour les prochains mois et même années
  • Favoriser l'échange des points de vue pour générer une connaissance élargie de la formation dans l'organisation (que les gens entendent ce que les autres ont à dire sur un sujet qui les touche beaucoup : la formation)
Dans mes préparatifs, la plus grande difficulté a été de formuler les questions. J'ai lu, pour la peine l'article du site The World Cafe : The Art of Powerful Questions. Je n'étais pas trop dans le champ avec mes propres questions et les résultats obtenus étaient ceux souhaités.


Pour animer le premier World Café, j'ai suivi à la lettre les consignes établies dans les documents portant sur cette question (on peut consulter mes références sur Diigo en cherchant avec le Tag WorldCafe). J'ai aussi vécu deux World Café et demi qui ont beaucoup inspiré ma façon de l'animer cette semaine.

Habituellement, pour chaque question, il peut y avoir deux à trois "rounds". Chaque "round" est normalement de 20 à 30 minutes. Connaissant mes questions et un peu la clientèle, et également au "feeling" pendant l'animation, j'ai réduit la plupart des rounds à 15 et tout au plus 20 minutes et les deux autres questions ont eu seulement deux rounds. J'ai bouclé le tout par la plénière habituelle.

Je suis toujours épatée (il faut dire que je m'émerveille facilement en général) d'entendre ce qui sort de ce genre d'exercice. Je m'étais préparée en essayant d'avoir le moins d'idées préconçues sur les questions posées. Malgré tout, somnolaient en moi quelques pistes de solution... Mais ce que les participants ont fait ressortir me prouvait une fois de plus que cela vaut la peine de fouiller dans les cartes mentales des gens (voir les Modèles mentaux sur Wikipédia et encore mieux, lire la 5e discipline de Senge). Je suis donc très heureuse de ce résultat.

Cependant, j'ai fait quelques erreurs dans le cas du premier World Café, que j'ai aussitôt corrigées pour le second.

  • La lettre d'invitation n'était pas assez claire sur les intentions et les objectifs visés.
  • Même chose au moment de l'introduction de l'activité (importance de gérer les attentes, ce que je n'ai pas fait).
  • Constatant une personne seule à une table, j'ai constitué trois tables de trois au lieu d'une de cinq personnes. Je crois que les tables de trois closent rapidement le sujet, ce qui a pour effet de donner l'impression que 20 minutes, voire même 15 minutes est une durée trop longue.
  • Ce n'est pas la beauté de la salle qui donne le ton à la discussion, mais les personnes elles-mêmes et si elles ont froid, le ton prend la même température (C'est une image! Mais comme je suis frileuse moi-même, sauf pendant une animation où j'ai soudainement plus chaud que coutume, je comprends très bien comment on se sent).
En gros, les objectifs que je poursuivais ont tout de même été atteints. Parmi les quelques commentaires, les gens ont apprécié d'avoir l'occasion d'échanger ensemble, de faire une activité interactive, plusieurs ont appris ce que leurs collègues pensaient et ont trouvé qu'il y avait de bonnes idées. Une personne a dit que l'activité avait été très formateur pour elle. Cependant, d'autres ont relevé la question du temps et des groupes et même si la salle était extraordinaire, elle était froide et n'incitait pas autant que souhaité à la méthode de la conversation.

Ce qui a été partagé a permis d'entendre beaucoup de besoins que seul mon projet ne pourra répondre. Beaux défis pour 2010 en perspective!

jeudi 26 novembre 2009

La conception pédagogique : essentielle!

Dans toutes mes interventions, il a souvent été difficile de convaincre les gens (formateurs, experts et dirigeants) de l'importance de prendre le temps de "penser", de concevoir ou de scénariser la formation qu'elle soit présentielle ou en ligne. Les gens veulent passer à l'action tout de suite, se mettre en production de powerpoint ou d'exercices alors même que les objectifs et les résultats attendus ne sont pas identifiés! Je suis sûre que je ne suis pas la seule à vivre cette situation.

Je me rappelle d'un ingénieur qui devait monter une formation pour que les techniciens cessent de l'appeler pour du support technique ce qui ralentissait considérablement son travail. Sa première idée était de suivre le guide de référence qu'il était en train de développer comme les principales étapes de la formation. Je suis intervenue à ce moment. Après une analyse des besoins et des résultats attendus, la formation a été axée sur les problèmes rencontrés et leur résolution au lieu du "listing" technique décrivant les outils mis à leur disposition que s'apprêtait à livrer l'ingénieur. Le résultat ? Plus aucun appel de support des techniciens après avoir réalisé les formations.


Je viens de consulter un excellent powerpoint (on n'a pas besoin d'audio pour comprendre, cela se lit comme un roman...) de Cathy Moore portant sur les effets de la scénarisation dans le domaine du e-learning. Cela complète très bien mon opinion à propos de la conception pédagogique.


mardi 17 novembre 2009

Ce que je retiens du m-learning

Je viens d'assister à une conférence de M. Villardier de la TELUQ sur le mobile-learning. Voici quelques données partagées par le conférencier.

  • La présence du téléphone portable est de 96% chez les étudiants en 2008.
  • On peut tranférer du e-learning  vers le m-learning. Des plateformes se développent en ce sens.
  • Caractéristiques de la mobilité : portabilité, flexibilité, fluidité et personnelle
  • Technologies disponibles : Assistant personnel (en voie de disparition), Téléphone portable, Console de jeux, PC ultraportable. La tendance, intégration vers le téléphone portable
  • M-learning et balladodiffusion (très courant mais pas la plus pédagogique)

Quelques projets à travers le monde en m-learning :

  • Itunes University : les plus grandes universités sont là-dessus 75 000 fichiers sur le Iphone (Ulaval, Sherbrooke, UMontréal)
  • M-learning IAML : projet européen et américain
  • Pocket campus : consortium privé européen: microformation surtout balodiffusion
  • Étude de l'Université de Montréal (Caron Caronia et Weiss-Lambrou (2007)) : attention, les étudiants dowloadent mais n'apprennent pas avec le téléphone portable.

Je crois que du côté de l'Afrique notamment, il existe beaucoup plus de projets. Pour avoir vécu en Afrique et réalisé plusieurs séjours court-termes, il existe plusieurs initiatives intéressantes en m-learning. Cela aurait été intéressant de savoir ce qu'il en est aujourd'hui et les résultats.

Ce que je comprends en général du m-learning, c'est qu'il faut faire attention, comme toujours, à l'intention pédagogique surtout si on tient compte du fait que pour l'instant, les étudiants downloadent pour consultation sur leur ordinateur et non pour apprendre directement à partir de leur téléphone portable.